6 erreurs à éviter en tant qu’écrivain·e

Quand on se lance en tant qu’écrivain·e, on est parfois un peu perdu·e et on finit rapidement sur la Toile à chercher des conseils pour éviter les erreurs classiques. Je suis toujours contente quand je peux lire les retours d’expérience d’autres auteur·rice·s ! C’est donc à mon tour de vous faire part de mes conseils pour prendre soin de vos écrits.

À éviter : Ne pas faire corriger son roman par un·e correcteur·rice professionnel·le
À faire : Prévoir le budget pour la correction

Peu importe la raison pour laquelle vous faites des fautes quand vous écrivez. On en fait tous et toutes, tout le temps, pour tout un tas de raisons. Cela n’a rien de répréhensible en soi. En revanche, une bonne attitude est d’admettre qu’on a besoin d’un·e professionnel·le sur ce plan.

Publier un livre sans l’avoir écrit, mis en page ou sans l’avoir doté d’une couverture ne vous viendrait pas à l’esprit. L’étape de relecture-correction n’est pas une étape optionnelle.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’aujourd’hui, les auteur·rice·s ne sont pas payé·e·s pour écrire. En conséquence, très (très) peu sont riches et un nombre non négligeable est sans le sou. Vaut-il alors mieux ne pas faire corriger son roman ou le faire corriger pour un prix dérisoire ? Je prône la première solution et je vous explique pourquoi dans le point suivant.

À éviter : Faire corriger son roman pour pas cher
À faire : Privilégier la qualité

Le budget des auteur·rice·s est généralement (très) serré. D’autant plus pour les auto-édité·e·s. Nous devons donc choisir avec soin comment dépenser les fonds dont nous disposons éventuellement. Alors quitte à dépenser, autant ne pas le faire pour rien… Ne lésinez pas sur la qualité de correction. Une prestation trop peu chère signifie généralement moins de temps passé sur votre manuscrit. D’accord, vous récupérerez vite votre bébé… mais pas très bien corrigé. Pourtant, c’est bien pour qu’il soit corrigé que vous avez payé, non ?

À éviter : Ne pas faire relire son roman
À faire : Toujours demander au moins un avis extérieur avant de publier

On peut être pressé·e de publier ou gêné·e à l’idée de faire lire un « produit pas fini ». On peut avoir du mal à trouver une personne pour nous relire ou avoir des scrupules à utiliser une personne à cet effet sans la rémunérer pour son travail (rappelons que la relecture, la correction, l’illustration, la gestion de réseaux sociaux, l’élaboration de sites, etc. sont de véritables métiers, exercés par de nombreuses personnes qui y consacrent tout leur temps et qui n’ont que cette source de revenus).

Quelle que soit la raison (et aucune n’est mauvaise, écrire est une chose, faire lire en est une autre), je vous conseille tout de même de faire relire, d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce qu’un extrait de votre roman. Le mieux étant bien sûr de rémunérer un·e relecteur·rice-correcteur·rice pour relire et corriger votre roman en entier. Mais si vous pouvez au moins ne serait-ce que faire lire le premier chapitre à un·e ami·e par exemple, cela vous permettra une chose : lier votre roman à votre lectorat lors d’une phase d’essai, avant le grand saut. On écrit à la fois pour soi et pour son lectorat. Écrivez ce qui vous vient, puis voyez comment votre lectorat le reçoit. Cela peut vous apporter beaucoup d’informations. Vous en ferez ensuite ce que vous souhaitez, mais en connaissance de cause !

À éviter : S’en tenir au premier jet
À faire : Ne pas hésiter à récrire son histoire

Un roman n’est jamais, jamais, jamais, jamais, jamais (j’insiste) pondu en une seule fois. L’écrivain·e ne se réveille pas au milieu de la nuit avec un ange qui lui dit quoi coucher sur le papier et pouf ! en une heure cinq cent pages magnifiques atterrissent dans la maison d’édition. Si l’inspiration peut venir de n’importe où, le roman fini vient de longues, longues, longues (j’insiste) heures de travail. Et surtout de retravail. Un premier jet n’est jamais bon. Jamais. Mais ce n’est pas grave ! L’écriture n’est pas la cuisine : vous ne suivez pas une recette, vous ne devez pas obtenir un plat parfait du premier coup parce que vous ne pouvez pas le « retaper ». L’écriture est plutôt comme la sculpture ou le dessin : on fait un truc grossier, on gomme, on peaufine, on regomme, on affine, etc.

Pour écrire efficacement, votre premier jet doit sortir relativement spontanément, sans trop de contraintes, brut, moche. Ensuite, vous allez relire, relire, relire, couper, rallonger, retravailler, remplacer, échanger… jusqu’à ce que votre deuxième jet (et si besoin, votre troisième, quatrième, cinquième jet) ressemble enfin à un récit correct et travaillé. J’insiste sur le mot travaillé. L’écriture est un travail. Les romans ne tombent pas du ciel. Essayer de cracher un premier jet parfait risque de vous engluer dans votre brouillon pour des années. Refuser de retoucher votre premier jet risque de donner à votre lectorat un torchon à lire. Les torchons servent à essuyer la vaisselle, pas à s’endormir le soir ! 😉

À éviter : Essayer d’écrire à tout prix « ce qui marche »
À faire : Écrire ce qui vient de vous

En relation avec le conseil précédent : quand vous récrivez, vous le faites pour éliminer les erreurs (qui ne manqueront pas d’arriver, rappelons-le, mais rien de grave à cela !), pour donner plus de force à vos mots, pour éviter les propos oppressifs, pour renforcer la cohérence de votre histoire et vos personnages. Bref, pour rendre votre roman plus beau au regard du sens littéraire et plus respectueux de votre lectorat. Mais pas pour séduire votre lectorat et lui donner ce dont il a envie même si ce n’est pas de votre goût.

Cela pourra arriver parfois : vous aurez écrit un roman sans aucune histoire d’amour dedans et une personne vous demandera de rajouter une romance. Ou bien votre personnage principal sera une femme d’une cinquantaine d’années et on vous suggèrera de la rajeunir. Si vous cédez, alors vous n’écrirez plus votre histoire pour elle-même, mais pour vendre et séduire. À mon sens, on est alors là moins dans un récit littéraire que dans une publication commerciale…

À éviter : Ignorer le processus de fabrication d’un livre
À faire : Se renseigner sur l’auto-édition mais aussi sur l’édition, et pas uniquement du point de vue de l’auteur·rice !

Ne pas se renseigner sur le processus d’édition est une erreur que commettent beaucoup d’auteur·rice·s débutant·e·s. Certes, se renseigner sur l’auto-édition est un passage obligatoire et nécessaire. Mais que l’on souhaite ou non passer par une maison d’édition, connaître un minimum leur fonctionnement est plus qu’utile… et pas seulement du point de vue de l’auteur·rice ! Pour en produire un, que l’on agisse en autonomie ou avec l’aide d’une maison d’édition, l’auteur·rice doit savoir ce que vaut vraiment un livre, quel travail il demande, qui travaille dessus, combien de temps et d’argent cela prend… D’une part pour éviter soi-même les arnaques. Contrats frauduleux, maisons à compte d’auteur, plateformes intermédiaires surtaxées… Les dangers ne manquent pas pour les jeunes auteur·rice·s en quête de contrats d’édition ou cherchant simplement à auto-publier leur roman. D’autre part pour ne pas « casser » la chaîne du livre en sabotant ses acteur·rice·s, y compris soi-même : en effet, beaucoup d’auteur·rice·s s’étonnent des prix de correction, de mise en page, d’illustration… Mais peu se rendent vraiment compte du travail derrière. Sachez une chose : un livre coûte cher. C’est parce que les livres sont aujourd’hui vendus dans les librairies à des prix dérisoires en comparaison de leur coût réel de fabrication que les maisons d’édition sont contraintes d’en vendre en nombre pour amortir leurs frais. Un livre, ce n’est pas seulement un auteur ou une autrice. C’est aussi un·e correcteur·rice, un·e maquettiste, un·e éditeur·rice, un imprimeur, un distributeur… Chaque étape de travail prend du temps, l’écriture du livre n’en est qu’une partie. Je suis la première à dire que le système de rémunération des auteur·rice·s devrait être revu. Pensez aussi que lorsque vous payez une correctrice 100 € pour relire vos 200 pages, vous ne lui permettez pas de vivre. Vouloir auto-publier son livre plutôt que d’attendre qu’une maison d’édition daigne vous accorder de l’attention n’est pas répréhensible. Que vous choisissiez l’une ou l’autre voie (ou les deux), prenez toutefois conscience de la réalité (du travail, de l’aspect financier, etc.) qui se cache derrière votre livre. Vous risqueriez sinon de lourdes déceptions.

J’espère que ces quelques astuces pourront aider d’autres auteurs et autrices dans leurs projets !

À très vite !

Sarah T.

Publié par Sarah Touzeau Autrice

Autrice écrivaine de romans fantasy et science-fiction

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