Processus d’écriture – Épisode 2 : la rédaction

Dans « Processus d’écriture », je vous emmène découvrir mes méthodes de travail et la façon dont je passe d’une idée à un roman publié.

Dans le billet précédent, je vous ai raconté comment me venaient mes idées de romans et comment je les préparais avant de passer à l’écriture elle-même. Cette fois-ci, je vous propose de rentrer dans le vif du sujet et sans doute la phase la plus longue de l’élaboration du roman.

La rédaction du premier jet sur un cahier

J’aime commencer à rédiger mes romans sur un cahier. J’y fais un premier jet que je retranscrirai sur ordinateur lorsqu’il sera terminé.

Cette méthode présente deux avantages pour moi. D’abord, elle me laisse la possibilité d’écrire presque n’importe où et n’importe quand, le cahier étant beaucoup moins encombrant et moins long à ouvrir que l’ordinateur.

Certains de mes travaux font exception à cette règle et sont directement rédigés sur ordinateur. C’est notamment le cas de la plupart de mes nouvelles ou encore de mes poèmes. Ce fut également le cas pour Les Portes du chaos, qui n’était à l’origine pas prévu comme un projet de roman principal (je vous conterai tout cela dans un prochain billet « Histoire d’une publication : Les Portes du chaos »). En revanche, la plupart de mes gros romans principaux passent toujours par le cahier. Angélique Hacker a ainsi eu droit à un joli cahier petit format, tandis que mon roman actuellement en cours de préparation a vu son premier jet s’étaler sur un cahier petit format et un cahier grand format.

Jusque-là, j’ai écrit ces brouillons au crayon de papier, pensant que cela serait plus simple pour raturer (ce qui arrive inévitablement dans un brouillon), puisque je n’aurais qu’à gommer et récrire. Or la pratique est allée autrement : je n’ai jamais gommé, me contentant de barrer les passages qui ne me convenaient pas. En effet, dans l’effervescence de l’écriture, la rature et poursuite de l’écriture avec le même crayon, dans la continuité du geste, est bien plus rapide que l’interruption pour saisir la gomme, effacer proprement, puis récrire. Par ailleurs, dans un brouillon, garder une trace des essais précédents est toujours utile. Aussi, se munir d’outils pour effacer (gomme, blanc, effaceur…) se révèle inutile face aux ratures certes moins esthétiques, mais bien plus rapides et parfois utiles pour archive. La facilité d’effaçage du crayon par rapport au stylo à encre se montre alors tout aussi vaine. Ses avantages disparus laissent apparaître quelques désavantages. Le crayon a besoin d’être taillé très (trop) régulièrement, ce qui a tendance à interrompre l’écriture et surtout à compliquer la relecture puisque le texte se trouve alternativement gros et flou puis net et fin. Dans ce cas, me direz-vous, je n’ai qu’à opter pour un porte-mine. Mais crayon ou porte-mine, le plus gros désavantage reste le même : l’écriture finit par s’effacer avec le temps… D’autant plus que je suis gauchère et que le tranchant de ma main passe donc allègrement sur les passages déjà écrits, dissolvant quelque peu les pigments dans la feuille ! La faute à un papier de mauvaise qualité et un crayon mal choisi ? Quelle que soit la raison, mon choix est fait pour les romans suivants : j’essaierai le stylo ! Cela ne résoudra pas ce problème si connu des personnes gauchères, mais au moins les mots ne s’effaceront plus…

Cette étape est généralement la plus longue. Elle me demande beaucoup de motivation et de temps, ainsi qu’une certaine forme d’autodiscipline. C’est aussi la plus créative, autant dans les idées de péripéties, de répliques ou de description que dans la langue et le rythme.

Son organisation n’est pas encore fixée puisque j’écris pour l’instant surtout comme et quand je peux. Je rédige l’histoire intégralement, en essayant de lui donner déjà une forme qui me plaît. Je me réfère à mes fiches quand j’en ai besoin et en crée de nouvelles au gré de mes idées.

Une fois le point final posé sur ce premier jet, on peut dire qu’une première grosse partie du travail est terminée et un immense sentiment de soulagement et de fierté m’envahit ! Mais le roman est loin, très loin d’être terminé…

La retranscription sur ordinateur (première récriture)

Une fois le premier jet terminé, je le tape entièrement à l’ordinateur. Je profite de cette étape pour opérer une première récriture du texte. Je ne retranscris pas mot pour mot sans me demander si chaque phrase me convient. Le cas échéant, je peux transformer totalement un passage, en ajouter un, plus rarement en supprimer un.

Lors de cette phase, je ne me préoccupe pas encore de la mise en page, si ce n’est des changements de paragraphe et de chapitres, de manière succincte. Je ne m’attache pas encore à l’orthographe et la typographie (dans la mesure de mes réflexes de correctrice, bien sûr !), mais je repère déjà les mots qui pourraient poser des problèmes, en particulier les majuscules que j’aurai à harmoniser, et les note à part.

Cette étape, supposément moins longue que la précédente, peut cependant prendre beaucoup de temps en fonction de la qualité du premier jet. Pour mon roman en cours d’élaboration, le deuxième jet a été plus rapide que le premier, mais pour Angélique Hacker, il a été beaucoup plus long car j’ai dû reprendre entièrement le brouillon.

Une fois cette étape terminée, j’ai droit à un deuxième sentiment bien agréable d’accomplissement. La plus grosse moitié du boulot est faite, mais un long travail reste encore à accomplir…

À suivre !

Sarah T.

Publié par Sarah Touzeau Autrice

Autrice écrivaine de romans fantasy et science-fiction

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