Les chapitres

Quand on travaille sur un roman, on doit penser à de nombreux éléments et notamment aux chapitres. Combien en mettre et de quelle longueur ? Où les commencer et les arrêter ? Doit-on leur mettre un titre ? Autant de questions que j’ai explorées dans ma pratique, en essayant diverses approches.

Un nom pour chaque chapitre

Pour mon premier roman, Angélique Hacker, j’ai voulu conserver le style classique de mes premiers travaux et des livres que je lisais à l’époque. J’ai donc opté pour des chapitres titrés. Ceux-ci suivaient initialement le découpage géographique du voyage d’Angèle : un chapitre par lieu visité. Si cet agencement avait un certain sens au début de la rédaction du roman, il a fini par le perdre, au fur et à mesure que les chapitres se densifiaient. C’est pourquoi à l’issue de la retranscription sur ordinateur, je me suis retrouvée avec des chapitres de deux ou trois pages pour les premiers et de plusieurs dizaines de pages au milieu et à la fin, notamment pour le Tournoi des Sables ! J’ai donc dû remanier les chapitres après coup, en les découpant différemment ou en allongeant les plus courts. Les titres sont restés très sommaires, n’ayant pas un talent particulier pour les titres percutants. Ils présentent néanmoins l’avantage de me fournir un repérage très facile !

Un numéro pour titre

Mon deuxième roman, Les Portes du chaos, était initialement rédigé sous la forme d’un feuilleton (ce que je vous conte dans « Histoire d’une publication : Les Portes du chaos »). Les premiers chapitres ont donc un découpage très court, identique, selon une logique de suspense plus que de chronologie ou de géographie. Lors de la poursuite de la rédaction après l’arrêt du feuilleton, j’ai continué le découpage en chapitres à la manière d’épisodes de série dramatique. Comme pour mon premier roman, les chapitres ont vite eu tendance à s’allonger, mais de façon moins prononcée. En revanche, je n’avais dès le début donné aucun titre aux chapitres, ce que j’ai décidé de conserver en me contentant de les numéroter. Après tout, si je n’avais pas de titres pertinents à apporter, à quoi bon en chercher puisque les numéros suffisaient au découpage ? D’un autre côté, ils se sont montrés quelque peu casse-tête lors de la mise en forme pour publication en broché. En effet, la succession de chiffres sans titres dans la table des matières apporte certes un certain mystère mais fort peu de grâce de mon point de vue. Plus prosaïquement, le gabarit Word de KDP m’a donné du fil à retordre pour faire commencer chaque chapitre sur une page impaire… Une perte de temps dont je me suis bien passée sur mon roman suivant, avant que le boomerang ne me revienne à la figure.

Et si on se passait des chapitres ?

Dans mon troisième roman, Les Ombres d’Aleyssia, j’ai tout simplement oublié de chapitrer mon récit, dès la rédaction du premier jet sur cahier. J’ai écrit le brouillon initial d’une traite, sans me soucier d’un découpage par chapitres, séparant les passages tantôt par un espace (lorsque je change de point de vue sans changer de scène) tantôt par trois étoiles (lorsque je change de scène). Une fois le deuxième jet achevé sur ordinateur, l’absence de chapitres m’a sauté aux yeux. Mais j’ai jugé que le récit n’en avait pas besoin. Il suivait son propre fil, comme les deux premiers romans suivaient le leur, et un découpage plus prononcé me paraissait soudain artificiel. Je voulais également essayer de voir ce que donnerait un roman sans chapitres. J’aime expérimenter de nouvelles choses sur chaque roman, que ce soit le format, les fiches, les personnages, le style… Arrivée à la mise en forme pour publication, j’ai d’abord été contente de me débarrasser du problème des pages paires et impaires en début de chapitre ! Mais j’ai eu droit à deux contreparties : j’ai dû passer beaucoup plus de temps sur le tombé des pages du broché (qui coule mieux avec un livre aux nombreux chapitres qu’avec un unique texte au long) et j’ai dû redécouper tous les fichiers HTML du livre numérique !

Et pour la suite ?

Des leçons tirées de mes expériences sur mes trois premiers romans, je songe à revenir à un découpage par chapitres, délimités après coup et selon le plan de l’intrigue, sans titres. La raison du retour des chapitres n’est ni poétique ni stylistique mais avant tout pratique : ils peuvent me faciliter le repérage lors des étapes de relecture et simplifier la navigation du lectorat, mais plus encore ils forcent un découpage correct des fichiers EPUB. En effet, lors de la conversion d’un DOC en EPUB dans le logiciel Calibre, ce dernier procède à un découpage des fichiers HTML : si le DOC comporte des sauts de page, Calibre les suivra, dans le cas contraire il découpera à sa guise et parfois en plein milieu d’une scène. Or le changement de fichier HTML sur la liseuse se traduit par un saut de page ! Mieux vaut donc un découpage selon des sections logiques plutôt qu’entre deux répliques… Rien de très poétique, je vous l’avais dit, mais un détail qui facilite grandement la préparation du livre numérique !

Je pense délimiter ces chapitres après avoir écrit un premier jet sans découpage, tout simplement pour obtenir du premier coup des chapitres équilibrés. Découper une histoire est en effet plus facile quand on en a la vision d’ensemble que lorsqu’on est en train de l’écrire et qu’on ne sait pas forcément ce qui va venir après… Quant à les faire correspondre au plan de l’intrigue, cela leur donne une cohérence et une logique qui vient renforcer le scénario. Enfin, l’absence de titre relève à la fois du pragmatisme et du style. Je ne suis pas particulièrement talentueuse pour trouver des titres pertinents et je trouve que des titres mal trouvés tendent à gâcher le style. Certains peuvent même briser le suspense ! Par ailleurs, si la présence de chapitres comporte un réel aspect pratique pour le repérage du lectorat comme de l’auteur·rice, les titrer n’a en revanche rien d’obligatoire ni même d’utile de ce point de vue. On peut éventuellement utiliser des titres de travail mais s’ils sont voués à disparaître, autant s’en passer pour ne pas avoir à les trouver et éviter le risque de les laisser par inadvertance.

Et vous, comment aimez-vous vos chapitres, en tant qu’auteur·rice ou en tant que lecteur·rice ? Dites-moi dans les commentaires !

À très vite !

Sarah T.

Publié par Sarah Touzeau Autrice

Autrice écrivaine de romans fantasy et science-fiction

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